cancer prostate

La découverte d’un cancer reste un choc et bouscule le quotidien, mais la vie de couple est également mise à mal. Comment retrouver un équilibre à deux lorsque l’on est atteint d’un cancer de la prostate ? quelles répercussions le cancer de la prostate peut-il avoir sur votre vie et relation de couple ? 

Les répercussions du cancer dans la vie de couple 

Quand on est atteint du cancer, c’est également une épreuve pour le couple.Le partenaire malade se sent coupable de faire subir cela à son conjoint, et ce dernier peut se sentir impuissant face à la maladie, et avoir peur d’être maladroit. Si certains font tout de suite front ensemble, pour d’autres il est plus difficile de traverser cela de façon solidaire.

Comme dans toute situation qui peut bousculer un couple : la communication reste un élément clé. Il est essentiel de se confier sur ses angoisses et ses espoirs, de rassurer et réconforter l’autre, de continuer à faire des projets ensemble. La parole aide à renforcer les liens du couple et minimise les risques de détresse psychologique chez l’homme concerné par la maladie.

En plus de l’échange, il est également important d’accepter que les rôles puissent être chamboulés, et si besoin, de revoir la répartition des tâches quotidiennes, ménagères et administratives, au sein du foyer.

Si la parole est difficile, il ne faut pas hésiter à se faire accompagner par un professionnel de la santé mentale, comme un psychologue, peut-être même dans le cadre d’une consultation en couple. Chacun réagit à sa manière : colère, tristesse, mutisme, déni, culpabilité, remise en question, ou surprotection sont des réactions courantes chez les personnes suivant un traitement anticancer.

Les effets secondaires des traitements sur la vie sexuelle du couple

Si le cancer de la prostate est de mieux en mieux soigné, ses traitements impactent la sexualité du patient.

Il est donc naturel que l’une des premières inquiétudes face à un cancer de la prostate concerne la vie intime du patient qui va se questionner sur l’impact des traitements du cancer de la prostate sur sa sexualité. Les traitements destinés à soigner le cancer peuvent provoquer des troubles urinaires et génitauxbien qu’il n’y ait aucun risque ou contre-indication à avoir des rapports sexuels pendant les traitements.

Les effets des traitements du cancer de la prostate sur la vie intime peuvent être multiples en fonction du type de traitement :

– Après une chirurgie : on retrouve des troubles de l’érection dans une minorité de cas, mais la possibilité d’avoir un orgasme reste conservée dans la majorité des cas.La chirurgie va entraîner dans la plupart des cas, une absence d’éjaculation. La chirurgie génère le plus souvent une perte de la fertilité, mais des mesures de préservation de la fertilité existent (congélation du sperme). 

– La Radiothérapie externe ainsi que la curiethérapie (une technique de radiothérapie qui consiste à placer des éléments radio actifs au plus proche de la tumeur) ont comme éventuels effets indésirables une dégradation de l’érection, une diminution du volume de l’éjaculat et des troubles de la fertilité ;

– L’hormonothérapie n’entraîne pas (dans la plupart des cas) des troubles érectiles, il faut cependant s’attendre à une prise de masse graisseuse, une diminution de la libido, de la fatigue et parfois des bouffées de chaleur.

– Un traitement par Ultrasons Focalisés de Haute Intensité(HIFU) est souvent prescrit lorsque le cancer de la prostate est localisé : une dysfonction érectile peut être constatée en particulier dans les cas de  patients d’un âge avancé (+ 70 ans).

Le choix du traitement dépend notamment de l’étendue et du grade du cancer. Le risque de trouble sexuel existe même s’il ne s’agit pas d’une fatalité.

Repenser son intimité

Lorsque les traitements entraînent des troubles sexuels, une récupération de la fonction érectile est possible, mais va dépendre de nombreux facteurs : âge, type de traitement, antécédents médicaux… La rééducation peut être passive, à l’aide d’une prise quotidienne de comprimés de type Viagra, ou bien active, avec des injections intra caverneuses, une prise de comprimés seulement aux moments où il y a un désir d’avoir une érection, ou encore une pompe à dépression.

Il est également important de repenser son intimité d’une autre manière. S’il n’y a pas de désir d’acte sexuel avec pénétration, ou que celui-ci est difficilement envisageable, c’est l’occasion de passer par des caresses, des massages, de renouer la tendresse entre les conjoints.

Il faut se donner du temps et s’adapter à cette nouvelle vie. Certains patients vont ressentir un désir de vivre pleinement, d’autres une absence de libido, d’autres encore ressentiront un blocage psychologique ou se sentiront atteints dans leur virilité. Il ne faut pas hésiter à consulter un sexologue pour accepter ce nouveau corps, transformé suite aux traitements anticancer.

S’il n’y a plus de désir, cela ne veut pas dire que l’on n’aime plus son conjoint. Ne pas avoir envie de relations sexuelles n’est pas grave, cela ne rend pas forcément malheureux pour autant. L’essentiel est de se sentir en accord avec son corps, et surtout de trouver un équilibre au sein du couple.

Et après le cancer ?

Après la rémission du cancer, un recours à un professionnel de santé (sexologue, psychologue) formé à la prise en charge des couples présentant des difficultés sexuelles sera un atout pour retrouver un équilibre sexuel.

L’après cancer sera aussi l’occasion de découvrir de nouvelles activités, de profiter du temps qui passe et de ses proches mais aussi d’être plus bienveillant envers soi-même. Il ne faudra pas éviter à faire appel à certains soins de support comme la méditation ou la sophrologie par exemple qui contribuent à renforcer l’harmonie entre corps et esprit.