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La gestion selon Vincent Martet

« La gestion est un métier de jugement pour lequel l’expérience et la longévité sont des facteurs favorables. » affirme Vincent Martet.

Cette vérité énoncée par monsieur Martet se vérifie particulièrement dans une période de marché aussi difficile. Ainsi n’y-a-t-il guère de place pour les novices dans le palmarès des Palmes de cette année : Didier Le Ménestrel, Marc Tournier ou Vincent Martet sont tous des gens d’expérience. Ce dernier préfère définir sa profession par de grandes idées plutôt qu’en dévoilant les détails de sa stratégie. Rarement un gérant de fonds aura cultivé à ce point le secret autour de sa manière de travailler

Sa méthode ? En cuisinier jaloux de ses recettes, il refuse tout simplement d’en parler. Ses valeurs préférées ? Inutile d’insister. Toute juste, accepte-t-il, pour qualifier son style, l’étiquette Garp (growth at reasonable price ou croissance à prix raisonnable)

« Il y a plusieurs années, avant la bulle techno, ce style de gestion s’appelait « croissance » tout simplement » plaisante Vincent Martet. Ce dernier se définit lui-même comme un homme de bon-sens : pour lui, payer un prix raisonnable, fût-ce pour une valeur de croissance, va de soi.

Après quelques années passées à la Banque Sanpaolo, il passe à CDC Gestion où il reprend la gestion de CDC Médianes. Fort d’un historique de performances, qui, à la fin de 1997, le classe premier sur un et trois ans (via IDE France Dynamisme, +2,29% sur un an et + 25,12% sur trois ans), il décide enfin de créer son propre fonds, toujours orienté vers les petites et moyennes captitalisations.

« Les valeurs du second marché constituent l’essentiel de mon portefeuille » précise Vincent Martet. On n’en saura guère plus. Certains diagnostiqueront une pointe de paranoïa dans cette discrétion presque maladive, mais nul ne peut reprocher à Vincent Martet de mal faire son métier.

Lancé au cours d’une période nettement favorable aux grandes valeurs , le fonds se laisse quelque peu distancer par l’indice CAC 40 en 1998 et 1999, tout en battant largement l’indice du second marché, plus représentatif de l’univers de Vincent Martet.

L’année 2000 lui offre en revanche éclatante sur les big caps : le fonds gagne 38,2% alors que le second marché ne progresse que de 16,1% et que le CAC 40, après une année mouvementée, finit étalé.

Meilleur que les indices de référence

S’il retient 2001 comme une année difficile, Vincent Martet n’a pourtant pas à rougir : cela reste sa seule année de baisse à ce jour (-11,5%), et il bat encore une fois tous les indices auxquels il peut se mesurer. En 2002, IDE France Dynamisme est un des rares fonds actions à terminer dans le vert. Chose rare, voire unique, il réalise la promesse d’être premier de sa catégorie à la fois sur un, deux, trois et quatre ans, tout en étant l’un des moins volatils. Une performance d’autant plus remarquable que la période a été marquée par des phases de marché très contrastées. La qualité de la gestion de Vincent Martet tient à une véritable sélection de titres (le stock-picking, à propos duquel le gérant est malheureusement si peu disert). Eligible au PEA, IDE France Dynamisme est constamment investi à hauteur de 75% au minimum en actions. Mais le gérant Vincent Martet se réserve le droit de conserver un important volant de trésorerie (20%). Cette flexibilité se trouve d’ailleurs dans la plupart des produits primés cette année-là.

Les perspectives

Les performances passées ont confirmé pour Vincent Martet une « confiance justifiée » dans sa méthode de travail. « Les résultats n’ont de sens que dans la durée » insiste-t-il. Rappelons le cas Enron, dans lequel des performances apparemment brillantes ont vite tourné au désastre. Malgré la conjoncture incertaine, Vincent Martet reste serein. Et d’ajouter que même en tenant compte d’un scénario pessimiste, il ne prévoit pas de catastrophe. Vincent Martet conclut qu’il y aura à gagner sur les petites valeurs.